vendredi 4 juillet 2008
Mon nouveau dada n'est pas un cheval...
... et je le monte à dos de cafard. Alors autant dire qu'il ne sera pas prêt avant l'août, foi d'animal. Car il n'y a pas pire qu'une de ces bêtes noires pour vous flanquer les aiguilles en berne, genre moral des français devant le prix de l'essence. C'est donc la gorge nouée et les pelotes en totale dispersion que je débute quelque chose par ici, commence une autre là, et ne termine surtout RIEN. Hors saison, hors vacances, hors de moi, Horlà comme disait Maupassant.
Mais bon, je vais me soigner à coups de kilomètres avalés en pilules toutes les deux semaines pendant deux mois : traitement radical et qui permet de voir des gens de plus de 6 ans, du soleil et une mer baignable.
En attendant, Wonderland me fait de l'oeil, quoi de mieux pour commencer l'été qu'un manteau bien chaud ? Modèle tiré du tout nouveau Inspired to Knit, de Michele R. Orne.
Deux après-midi à petit trot dans les magasins de fil du Net m'ont permis de dénicher un fil de remplacement au mélange alpaga-laine préconisé. Choix que
je trouve judicieux (pour la douceur, et le tombé) mais fil bien trop onéreux. Or donc, ce sera Ultra Alpaca de Berrocco. Arrivé la semaine dernière, chouchouté à l'antimite depuis et peloté pour partie, afin de monter enfin mes premières mailles. C'est un fil à la palette de coloris assez extraordinaire, souple avec un chouïa de douceur qui se fera sentir à l'usage.
Mon idée est de border les poignets et le bas du manteau de rouge, puis sur le corps en gris couleur de pleine lune, contraster avec un marron sur les motifs en torsade. Je le doublerai aussi pour renforcer les coutures. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, je me résigne à le monter en plusieurs pièces, afin de ne pas le fragiliser, les coutures devraient éviter à l'ensemble de se déformer trop rapidement.
Bref, me voici actuellement avec 8 rangs, pas de quoi faire une photo.

Et puis je hurle à la lune sur Ruby (Debbie Bliss, Cashmerino Collection), avec un vieux cachemire et laine de Phildar tout droit sorti de mon stock : celui-ci pourrait être portable dès demain d'après la météo. Malheureusement, il lui manque ses manches, et comme je ne suis manchote que du cerveau, j'attendrai la prochaine dépression (orageuse), ce qui ne saurait tarder.
Quant à mon troisième début, il s'agit d'Iceland un modèle du Rowan 42, destiné à faire venir la rentrée plus vite. Tricoté avec la toute nouvelle qualité Nuages, de Phildar. Si nouvelle que je ne suis pas sûre de savoir quoi en penser. Les coloris sont intenses, variés (le mien est un rouge profond teinté de noir). Un peu accrocheur ce fil (environ 50% laine, et 50% synthétique), mais sait se tenir. 4 rangs...
Allez les cafards, on fait sa valise et on rentre sagement dans son trou avec blattes, cancrelats et idées noires : Maman tricote.
vendredi 13 juin 2008
Histoire sans paroles (ou presque, parceque même avec deux bras gauche, je peux encore l'ouvrir)
Non, je ne me suis pas perdue dans les noeuds gordiens de la couture, comme certaine le sait déjà.
Non, je ne suis pas spécialement en vacances. Pas plus que d'habitude.
Non, je ne veux pas lâcher ce blog, je le retiendrai par un fil s'il le faut.
Alors ?
Ravelrynomane. Échevitivore. Dentellisée. Et toujours colonisée par trois parasites à estomac solide et besoins irrépressibles de dévorer mon temps libre.
Mal partie pour écrire ma vie, qui se résume de plus en plus à :
1. Attendre 10h00 que tous les enfants soient occupés pour allumer l'ordinateur.
2. Attendre le facteur.
3. Attendre la sieste des unes pour le tricot des autres.
4. Attendre le journal quotidien pour l'ouvrir à la dernière page et choisir le programme TV en fonction du niveau d'attention requis pour le tricot du soir. Pas de film documentaire arménien en VO sous-titrée moldo-valaque en somme.
Légende façon puzzle :
Des écheveaux à consommer sans modération, peut-être aussi quelques chaussettes si j'arrive à apprivoiser quatre aiguilles avec deux bras gauches.
Laminaria, 62 grammes de bonheur.
Souria sur un modèle de S. Pandorf (Moroccan Days), en Hand Maiden Sea Silk et Mini Maiden. Poids lourd de la dentelle. Limite trop lourd, j'oublie la frange en perles.
Bidouillerie sur le thème "pas un point de couture ne viendra effleurer mes aiguilles" : petit gilet tricoté du col vers la taille en détente de Phildar, coquette puce fin prête pour le mariage (de son cousin...).
Écharpe pleine de fautes de points sur un air de Cobweb Stole (M. R. Orne dans Interweave Knits Hiver 2008). Pas de correcteur à portée de main. Recalée. Et pourtant je la porte. En Eva 2 ply de chez PoshYarn.
Arc-en-ciel clownesque, pour second en plein syndrome de Pourquoi-ne-suis-je-pas-l'aîné-ou-mieux-encore-le-petit-petit-dernier-?-ite. Tendre pansement sur tête de bois. Réalisé en Noro Kureyon, 4 ou 5 références, je m'y perds, et sur le modèle du Spiral Geek de Loop-d-Loop (T. Durham). Difficile d'imaginer comment porter ce ventre en spirale pointue (-rlututu). La prochaine fois, je lirai mes mails avant de faire n'importe quoi. Mam'zelle Linotte me l'avait bien dit. Je vais bloquer ça avec des sardines de tente...
Un presque Shrug qui se termine en écharpe. Trop peu de mailles et flemme de l'échantillon. Du pur cachemire couleur désert (Gobi) signé Jade Sapphire. Un régal. Pas de Shrug.
Pavot made in Normandie pour Opio... pardon, Ravelrynomane perdue dans les salons fumeux de son avatar, à la recherche du temps perdu et du MODÈLE, le "The" Modèle qui me fera encore une fois ouvrir les yeux sur de nouvelles couleurs, un nouveau point, un nouveau monde : les paradis artificiels de la tricosphère.
jeudi 1 mai 2008
La semaine du jour où il a fait beau...
...correspond forcément à une renaissance, un nouveau printemps du tricot. Adieu points compliqués et fils épais, adieu rouge et or, adieu... Souria est terminée, sur le point
d'être bloquée, mais toujours susceptible de modifications. C'est toute
l'histoire de cette étole qui fera un jour la une de mon blog. Pour le moment : وهذا يكي, ou rrrrrrrallas dans ma version syrio-libano-bidouillée. Bref, STOP, Basta, Suffit comme ça. Bell(issima) se fait aussi attendre, les écharpes ne sont plus de saison, même si les trous y sont plus nombreux que les mailles.
Bienvenue dans un monde rose pâle mâtiné de micro fibre pour les épidermes neufs, un monde de têtards vagissants chez les autres : deux grenouilles dans ma petite mare à deux jours d'intervalle au mois d'avril me donnent ces jours-ci des envies de tricot à pas plus de 100 mailles, des petits trucs en deux jours, des trois fois rien qui font plaisir.
Modèle : Little sister's dress by Tora Frøseth (sur Ravelry et sur son blog)
Taille : de 3 à 12 mois selon qu'on la porte telle quelle, allongée en tirant sur la longueur ou en tunique
Pas tout à fait terminée mais tout comme.
Fils : Debbie Bliss Baby Cashmerino pour les couleurs (une de chaque), Partner 3.5 (Phildar, une de chaque) pour les gris et blanc.
Aiguilles : circulaire N°3.5, 40 cm
A l'expérience, c'est bien plus commode d'avoir des envies de tricot : pas de couches, encore moins de biberons (la dernière mienne fait ses premiers glou-glous en roue libre sur un verre hautement sécurisé anti-fuites), et des nuits d'un calme à faire pâlir toutes les jeunes mères énamourées de leur adorable et dépendante merveille.
Et puis, un avantage non négligeable est qu'il devient alors possible de se débarrasser de cette énorme poussette, de ces 16 cartons de vêtements et 8 de jouets qui prennent la place de mes petites nouveautés colorées ; je les caresse de l'oeil et de la main avec (presque) autant de tendresse que mes crapauds-grenouilles.
Dans leur ordre d'apparition : Kaalund expression (Bushfire),
OceanWind Knits Suri Silk (Garden et Truffle),
Posh Yarn : Arabelle (Sherwood), Cecilia (Naughty, Pond et Rythm), Eva 2 ply (Tinkerbell)
The Sanguine Gryphon : Little Traveller (Greece)
Jade Sapphire : 2 ply cashmere (Gobbi) et 2 ply silk cashmere (Burnished Gold)
Parfois, un brin de nostalgie me fait encore croire qu'un pull, pour être vraiment réussi, se doit d'être confortable jusqu'au 9ème mois. Et je remercie Phildar de penser de même, puisque grâce à un tricot pourtant bien échantillonné en 36, j'ai obtenu un résultat digne d'être porté lors du voyage ultime à la maternité. Je serai sur mes gardes pour les prochains projets. A moins que je ne tente le quatrième têtard. Ou bien que j'augmente ma dose quotidienne de Petits Lu.
Modèle : Phildar sur le catalogue soie et cachemire
Fil : Phil' Soie (6 pelotes, coloris Perle)
Aiguilles : 3.5 et 3
Décolleté nombril : UGH !
Ne tournerais-je pas autour du pot : faut-il ou non replonger dans le tricot ou les bébés ? Ding-DINGUE-dong. Je choisis l'option à deux aiguilles, ou bien une seule avec un fil. Quitte à tourner en rond, autant que cela ne porte pas trop à conséquence : jupette volantée ? Robette à bretelles ? Ou bien Top à manches ballon ? Faites vos jeux, rien ne va plus, tout est encore flou.
Bzzz Bzzz, l'abeille s'active en fanion de Phildar, modèle perso.
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Pour en savoir un peu plus :
OceanWind Knits est canadien, voici son site : www.oceanwindknits.ca. On y trouve des fils de très belle qualité et surtout un art consommé des camaïeux de couleurs, beaucoup de subtilité dans l'art de teindre.
The Sanguine Gryphon (USA) est une découverte totale pour moi, alors que ses modèles sont présents depuis des années sur les magazines (et notamment sur le dernier InterWeave Knits, Summer 2008: Plaid Halter). Ses fils sont très chatoyants, les coloris sont francs et réalistes. Voici son site de vente : http://www.sanguinegryphon.com et son blog http://www.sanguinegryphon.blogspot.com.
Posh Yarn (http://www.poshyarn.co.uk) est plus connu, mais il est à la portée des as du buzzer le dimanche soir : son système de vente par petits lots à une heure déterminée le rend ludique et me stresse d'avance.
dimanche 2 mars 2008
Un papillon sur un éléphant
Swallowtail m'a fait de l'oeil sur une bonne partie des blogs que j'apprécie, on peut en voir ici, là ou bien encore de ce côté, etc. Alors, à cours d'idée en faisant mes valises, j'ai attrapé au vol un écheveau de mohair à tester, l'IK Fall 2006 et à l'arrivée la page s'est ouverte toute seule !
Trop beau pour être vrai hein ? La vérité, c'est que je verdissais toute seule dans mon coin de ne pas avoir MON Swallowtail, et renâclais à utiliser ce petit jaune en plein hiver. Bon gré mal gré, je l'ai peloté en ne pensant à rien - jusque là, rien d'inhabituel. Comme en ce jour le soleil arrosait la Floride et ma pelote, j'ai trouvé un petit air plutôt pamplemousse à ce coloris Mango.Du pamplemousse à la Floride, de la Floride à l'IK, n'y avait qu'un tout petit pas (les quelques milliers de kilomètres traversés par mon magazine acheté d'occasion-neuf sur Ebay au pays des agrumes et des moustiques).
Curieux comme fonctionne le cerveau non ? L'association d'idées dans ma mémoire autrefois éléphantesque est la seule arme qu'il me reste pour ne pas oublier à quel point je deviens distraite. Mais de temps en temps, l'idée suit son chemin et n'est pas si mauvaise.
Modèle : Swallowtail Shawl, Evelyn Clark (Interweave Knits - Fall 2006)
Fil : Kaalund Expressions, coloris Mango
[trichouillage de mon crû sur les nopes, avec un p4 au lieu d'un p5 en supprimant l'une des mailles pour donner du mou aux autres ; les nopes sont moins serrées mais toujours présentes.]
Je suis enchantée du coloris très flatteur et rafraîchissant, un peu moins du manque de souplesse de ce mohair. Il est pourtant reconnu que les chèvres ne sont pas les plus souples de tous les animaux, j'aurais du me méfier. Je vais le domestiquer à l'usage, le rendre doux comme une agnelle. Foi de louve.
mardi 26 février 2008
D-Day
Une saison entière que je l'attendais, presque autant de temps à choisir un fil, des perles et toujours pas de nom, mais le voici enfin disponible et commandé.
Je déclare que ce projet sera celui de l'année : Moroccan Days (Arabian Nights), de Susan Pandorf est une merveille d'étole à laquelle aucune parole ne saurait rendre justice, si ce n'est celle de sa créatrice.
Allez voir son blog (en anglais) : A Few Stitches Short (of a full row). Susan est non seulement une tricoteuse de talent et insatiable coureuse de beaux fils (sa collection de fils Hand Maiden est intolérablement stupéfiante), mais il faut lire sa fine plume, humaniste et pourtant très drôle, simple sur les petites choses de la vie et pourtant très réfléchie. Sa fluidité, cette précision des mots qui sont exactement là où on voudrait pouvoir les écrire sont les mêmes qualités que l'on retrouve dans son travail de créatrice. Qu'elle nous fait partager avec générosité depuis des mois : je suis déjà familière de Moroccan, j'en ai vécu les débuts prometteurs, les accrocs et les changements de cap ; certains soirs, j'avais l'impression de le tenir entre mes aiguilles et le jour suivant j'attendais comme Susan avec impatience le moment de le "reprendre".
Cette obsession va prendre forme avec la mise en ligne du modèle. Des heures de navigation sur tous les sites du monde de vente en ligne de fils et perles, des questionnements sans fin sur la texture, les couleurs, la matière , les yeux exorbités sur la dernière photo de Moroccan pour en détailler les possibilités, une nuit blanche à attendre un 26 février décalé entre nos deux pays. Aujourd'hui ! Enfin, la sérénité. Je suis prête.
Pour la couleur, ce sera le rouge, noir et or du sublime coloris Monarch de Hand Maiden. Monarch pour le papillon royal qui porte ce nom. Pour une dentelle aussi riche et des motifs très typés, il me fallait de la soie, lumineuse mais pas trop rutilante pour laisser leur place aux perles.
Mini Maiden est un fil 1-ply, pas trop travaillé et un peu épais. Je cherche à obtenir un effet "brocart", riche et lourd, enveloppant (l'étole est large), drapé. Le perles sont un mélange de différentes rocailles et cristaux, dans les tons noirs, bronze, or, cramoisis... je verrai au fur et à mesure de l'avancement du travail où les placer, probablement au crochet (trouvé un 0.6, merci pour les conseils Noune !). L'esprit Moroccan m'habite en ce moment, il est baroque et prendra une coloration encore plus orientale. J'ai même décidé de l'occasion de porter cette étole pour la première fois.
Moyens, opportunité et mobile, j'ai tout de la tricoteuse en série !
PS : je ne vous délaisse pas pour autant, laissez-moi redescendre sur terre avant de répondre à vos messages...
PPS : pour celles qui seraient intéressées, il existe un KAL sur Ravelry.
PPPS : les deux sites qui proposent le plus de coloris et qualités HandMaiden sont ColorSongYarn et Knitty-Knoddy, leurs tarifs de livraison sont raisonnables.
lundi 11 février 2008
Je ne suis pas vraiment pour les étiquettes, et je mets au défi quiconque de m'en coller une seule, mais Marie me l'a gentiment demandé, voici mon tag du jour (6 petits quelque-choses personnels qui n'engagent que ceux qui les liront).
1. Je grossis d'environ 300g tous les Noëls, j'en perds 600 l'été ; je pèse moins lourd après un accouchement qu'avant une grossesse. La question est : est-ce que j'arrête les grossesses ou bien reprendrai-je un petit Thé Brun ?
2. Je regarde trop la télévision le soir. C'est la faute au tricot.
3. De toute façon, c'est bien plus souvent la faute des autres que la mienne. C'est mathématique, les autres sont plus de 6 milliards de fois plus nombreux que moi.
4. Il n'y a pas un nerf que je ne mette en pelote tous les jours.
5. Il y a un rayon de soleil posé juste sur mon tout nouveau lavabo, c'est joli. Quand est-ce que je vais trouver le temps d'installer les robinets ?
6. Mon verre est au moins à moitié plein.
Qui veut du Tag ???
dimanche 10 février 2008
XXième siècle, et pas une ride à mon lave-linge
Hourra pour le lave-linge ! Pas de larmes pour les planches savonneuses de nos grand-mères !
En dehors de son utilité bi-quotidienne (les bons jours...) à laver à 90°C les culottes parfumées de mes garçons, Mme Brandt vient de me prouver une fois de plus sa valeur en transformant une citrouille mollassonne et fade en carrosse rutilant de symétrie nette, ajusté parfaitement à sa taille. Sa ? Qui ? Mais lui ! Mon Homme !! C'est écrit sur la photo, juste là où personne ne pourra voir ses beaux yeux, assortis au carrosse.
Bon, je n'ai toujours pas trouvé mon chausson de vair et fais plus souvent la Cendrillon du trio lavage-repassage-ménage que la Princesse des dancings, mais aujourd'hui je me trouve un air à aller au bal en carrosse.
C'était plutôt mal parti. Un long, ennuyeux et alourdissant tricotage, finissant en sourire contraint de ma moitié qui sait mieux ruser d'habitude me faisait hésiter à classer cette Andouille (le pull, pas la moitié : c'est juste pour voir si vous suivez...) dans la catégorie si bien nommée "UGH !" de Ravelry, avant de défaire l'ouvrage et récupérer la monnaie de mes 16 pelotes.
Juste avant de passer à la caisse enregistreuse de mes déconvenues, dans l'hébétude grippale la plus cauchemardesque, un taux de réflexions sensées à la semaine quasi nul : Mme Brandt me parle. Où plutôt, Jeanne d'Arc des tâches ménagères, j'entends Mme Brandt. Il faut vous dire que Mme Brandt a de la voix depuis qu'elle se déhanche du tambour à la suite d'une malheureuse opération l'année dernière. Donc, comme la plupart de mes voisins et peut-être bien toute la Normandie, j'entends Mme Brandt, en phase de décollage, pardon, d'essorage (1000 tours sur trois pattes, ça dépote).
TILT ! (Bonne idée N°1 - et dernière - de la semaine)
Je m'en vas t'le laver fort ton Andouille, y peux pas me faire le coup du feutrage pisque c'est du coton. Et hop ! À l'eau l'Andouille, programme chaud et sans culottes. Bouillonnant dans son jus puis séché à plat, c'est Cobblestone que j'ai retrouvé, avec des mailles bien régulières et serrées, des rangs raccourcis visibles juste ce qu'il faut, et de la tenue. D'où contentement de l'Homme, visage tourné vers le soleil, pomme d'Adam en proue et décontraction générale. C'est le bon moment pour lui parler de ce petit modèle de lave-linge avec maxi-capacité de 8 kilos et SILENCE garanti.
Modèle : Cobblestone (Interweave Knits - Fall 2007)
Debbie Bliss Cotton Denim Aran (16 pelotes)
Ma petite abeille (Modèle perso en Fanion de Phildar) n'est pas terminée, mais butine déjà sa fleur... je lui déplierai ses ailes lorsqu'elles seront posées. C'est une question de jours et d'opportunité, je bourdonnerai quelque chose durant ces douces vacances ensoleillées.
mardi 29 janvier 2008
Merci, Triangolini et tutti quanti.
Irtfa'a ne vous a pas laissées indifférentes, je vous remercie de vos très nombreux messages de félicitations. J'en était venue à attendre avec impatience chaque ouverture de mail pour me confirmer dans mon auto-satisfaction.
Comme il se doit, cet enflement suspect de ma vanité toute retrouvée a subi un retour de bâton.
Je vais donc me complaire aujourd'hui à trouver tous les défauts à ce mini châle, baptisé Triangolini, sur lequel je ne voyais a priori aucun obstacle technique majeur. Grossière erreur de comptage, pour laquelle j'ai été bien punie, avec détricotage maille par maille d'une douzaine de rangs. Mailles pour lesquelles j'ai bien du étrenner autant de jurons tout frais, un vrai chapelet. Cela n'a pas suffi, et Dame Flemme a pris le relais pour rattraper au vol un jeté ici, deux mailles ensemble là. Deux répétitions de moins que sur le modèle. Du boulot à la va comme je te pousse.
Ensuite, en arrivant à la bordure, je me suis dit que quelques perles roses mettraient en valeur le blanc ivoire du fil. Oui mais... je suis novice en enfilage de perles. Désolée, mes jeux d'enfant tournaient plutôt autour des playmobils et trains électriques, j'ai de grosses lacunes à ce sujet. D'autant plus qu'une perle s'enfile sur UN fil, et qu'une maille est une BOUCLE (deux fils). Ergo : la perle se retrouve forcément sur un côté de la maille, généralement pas le bon (dans mon cas précisément), et encore moins lorsqu'elle se trouve entre deux jetés. Ergo, ergo, les perlouzes se baladent en liberté sur mes jetés et je noie mon chagrin dans le thé brun.
Pour couronner le tout, le rang d'arrêt de mailles est trop serré, et les si jolies pointes du modèle se sont faites écrêter à la louche de ma radinerie sur le dernier rang.
Modèle : Shetland Triangle, de Evelyn Clark in Wrap Style
Laine : Kandahar du Jardin des Laines
Bref, la Fée Dentellière a bel et bien perdu sa baguette dans la tanière de la reine des épaisses... mais je me soigne et j'attends le printemps, son numéro d'Interweave Magazine, pour ça :
et le Moroccan de Susan Pandorf. Chouette ! De la dentelle, des perles et des flatteries en perspective...
Andouilles !!! Pas de panique, il s'agit bien de la version francisée de Cobblestone. Il avance. La route est moins casse-mollet que Paris-Roubaix, mais je roule plus lentement qu'un sprinter du tour de France. Et pourtant il tourne !!! L'arrivée est prévue pour ce jour, ouf!
Je vais pouvoir tournicoter un autre projet, pour ma bourdonnante Buldozilla, l'Abeille et sa Fleur, création personnelle non formalisée et non encore identifiée : tunique ? top ? flop ? Le fil utilisé est Fanion de Phildar ; ce petit coton fin est très agréable, les coloris sont charmants et le drapé de l'ouvrage est proche de celui d'un textile, on peut donc le draper, ou le froncer. À suivre !
mardi 15 janvier 2008
Roman-photo
Bloqué, porté et adopté, voici mon Féroë (modèle d'A. Hanson, Irtfa'a Faroese Lace Shawl) en Kandahar Turquoise du Jardin des Laines.
Je ne suis pas peu fière moi !!!
vendredi 11 janvier 2008
Mutation

Je crois y avoir fait allusion cet automne : je mute.
Pas de troisième bras dans le dos cependant. C'est dommage, j'en aurais pourtant bien besoin pour rétablir l'harmonie de ma face postérieure, déjà agrémentée d'un oeil qui ne laisse rien échapper. Je pourrais ainsi tricoter tout en changeant une couche et attraper au vol l'importun de moins d'un mètre qui pour la quinzième fois me fait recommencer ma séquence de (yo, p2tog tbl, k2, 2yo), à cheval précaire sur le dossier d'un canapé squatté par le troisième mouflet malade.
Mais non, la nature en a décidé autrement, et mis à part cette vision périphérique, un nez hyper-sensible aux odeurs pédiatriques et des oreilles de satellite, je suis à peu près normale, à la limite de la perfection même. C'est ce que j'aime à me répéter quand personne, non, personne décidément, ne veux le remarquer.
Et pourtant... je mute. Reprenons au commencement, dénition de MUTATION : Modification anormale de l'ADN d'un gène, soit spontanément lors de la division cellulaire, soit sous l'influence d'agents extérieurs appelés mutagènes. Ce gène ainsi modifié est transmis aux cellules filles. (définition tirée de Futura-Sciences).
Je tiens ici à remercier mes mutagènes personnels, en la personne de ma petite maman, contrariée et du coup ambidextre par destination (compliqué non ?), d'une bonne partie des tricot-bloggeuses qui ne peuvent décemment pas travailler aussi vite sans avoir percé le secret de la main gauche, et puis les vidéos de KnittingHelp, qui m'ont fait découvrir la vie avec deux mains droites.
Effectivement, je suis passée de la main droite à la main gauche, et ai rendu à cette gauche une part de son habileté. Droitière innée, je peux enfin dire que je n'ai plus deux bras gauches. Enfin, pas tous les jours. Explication en photo :

AVANT APRÈS
Avant, fil à droite, sac à droite, tricot poussif. Après, fil à gauche, sac à gauche et : tricot TGV, jacquard nordique extrêment facilité, tension du fil et sens des mailles enfin dans le rang, orgie de côtes et de torsades pour le simple PLAISIR du geste.
Voici pour le côté conte de fées. L'envers du décor est tout aussi fabuleux, mais a plutôt eu pour personnages principaux la sorcière comment-je-fais-un-jeté-avec-le-fil-qui-vient-comme-ça-moi?, et puis le mauvais génie reprends-ta-main-droite-c'est-trop-dur, et encore le grand méchant loup j'ai-une-crampe-je-ne-peux-plus-rien-toucher, et aussi le vilain petit canard t'es-vraiment-pas-douée-ma-pauvre-t'as-vu-le-résultat?.
A force de persévérance, de petits Thés rageurs et surtout grâce à Anne Hanson, j'ai fini par oublier ce changement de main et hier seulement, en reprenant laborieusement des mailles avec le fil dans la dextre, j'ai eu l'illumination que la transformation s'était opérée sans que j'y pense. Me voici donc pourvue d'une deuxième main, et d'un monde de possibilités.
Irtfa'a Faroese (d'A. Hanson, mon tout tout premier !) est terminé, si ce n'est le blocage qui demande un peu de temps, et beaucoup d'épingles. Ce fut un long travail, et notamment ces fameux p2tog tbl, qui ralentissent la progression du TGV m'ont valu une véritable crise de boulimie de P'tits Lu. Un long et enthousiasmant travail, avec des variations de points juste avant de s'en lasser.
J'ai, depuis cette mutation, testé à peu près tous les types de points : torsades et côtes donc, jacquards nordiques et intarsia, dentelles, jersey et mousse, diminutions et augmentations passent si vite ! Aujourd'hui, j'ai tellement d'avance sur mon retard qu'on pourrait presque dire que je ne sais pas quoi faire de mes dix doigts. Il serait dommage que cette pince nouvellement retrouvée retombe dans le domaine de l'esthétique et du malhabile : porte-anneau ou brise-tasse au choix.
Avec un peu de chance, je recevrai aujourd'hui ces petites cotonades à "Cobblestone" (des pelotes de D. Bliss : Cotton Denim Aran en bleu clair), prochain pull pour mon homme, lui-même droitier mais pourvu de deux bras solides qu'il faudra bien habiller ce printemps. Et à ce propos, Jared, l'auteur de ce modèle et un HOMME lui aussi, qui ne trouve pas indigne de posséder à l'infini des cellules filles. Pour une fois q'un mot générique est féminin, j'appuierai lourdement sur le concept. Bref, Jared est passé de la photographie au tricot, puis au filage et ne craint pas de publier, et de clamer son admiration pour E. Zimmermann sur tous les toits. Je vous conseille son site, aussi beau à voir que précis et documenté.

Au rayon des projets menés à terme, voici le petit torsadé, réalisé en taille 6 ans, avec un fil de chez HandPaintedYarn (coloris Fondo Marino), le modèle original vient d'un des numéros Enfants de l'automne 2007. Je suis contente, contente, contente : la taille est impeccable, il est moulant tout comme je le voulais pour ma petite asperge d'aîné et les finitions sont parfaites (je dois avoir des portes plus larges que chez Batilou !). Je l'ai tricoté en rond jusqu'au emmanchures, ce qui donne quelquefois de drôles de variations avec cette laine multicolore entre le haut et le bas du corps.
Le pull faux-nordique du second, style "trop large pour toi" attend toujours sa deuxième manche, mais je ne désespère pas de le voir grandir plus vite que son porteur. Lui grandirait plutôt dans la maîtrise de la bêtise, ce qui est inversement proportionnel à l'apprentissage du soin de ses vêtements. Cet hiver, notamment, a vu la mort par KO de son
Chapeau Chameau, dont l'énorme ponpon à succombé à un excès de zèle footballistique. Les doigts me démangeaient de lui faire avaler le reste du corps, mais je me suis retenue et les ai occupés (mes doigts frénétiques, pas les défunts restes camélidés) à tricoter une écharpe et un chapeau sur le thème Campus Scarf de F. Ellis, dans Scarf Style (en lambswool, de chez Phildar, coloris Goëland). Mon écharpe et mon Chapeau à la Mat' (Mat' pour Maternelle, pas Maths Sup') sont en bonne voie, je me demande pourtant si je ne vais pas les doubler de béton armé.
Buldozilla attendra, c'est maintenant le tour de Papa. Vous saviez que les Cobblestones sont ces pavages très arrondis où l'on voit encore notamment les plus belles chutes à vélo du Paris-Roubaix ? De là à ma fameuse "Rue Pavée d'Andouilles" de St Gengoux-Le-National,
il n'y a qu'un pas... Franchi dans la plus pure tradition provocatrice du sous-entendu. En français dans le texte "Cobblestone" deviendra "Andouilles". À destination de ceux qui ne voient pas que chez mon homme aussi : sous les pavés, la plage...






















































