dimanche 18 janvier 2009
Melior melior velox ego tricote, melior minus velox ego tricote
Pour faire simple : plus mieux vite je tricote, moins plus vite je tricote. Quoi ? Oui. Hein ? C'est pas assez clair ? Alors, une petite explication s'impose.
Plus mieux : superlatif assez fantaisiste qui tend à démontrer que mieux est encore mieux que s'il devenait meilleur.
(modèle : Laminaria, E. Zimmermann en Posh Yarn Cecilia. Fini, porté)
Vite : comme dans : "Et elles font combien de mailles à l'heure tes nouvelles circulaires Knitpicks ?".
(modèle revisité : Durrow de Jodi Green, en Ecological Wool de Cascade Yarns, coloris gris clair, aiguille N°6, fini, porté.)
Je tricote : verbe du premier groupe. Verbe faisant partie des premiers donc, conjugué à la première personne du présent, il s'oppose tout particulièrement à un autre, tiré des profondeurs du Bescherelle et qui s'applique mal à mon mode de vie : faire (le ménage, les courses, la cuisine, etc).
(modèle : Fiore di melanzana de Anne Hanson, Perchance to knit lace yarn coloris midnight rainbow, fini, porté.)
Moins plus : c'est idiot, mais il me semble que si on comprend plus mieux, on devrait à peu près saisir le sens de moins plus.
(modèle : Winter Wonderland Coat, de M. R. Orne dans Inspired to knit, Ultra Alpaca de Berroco, N°5. En rade.)
Vite : comme dans "Faut faire vite, sinon on n'aura pas le temps", grand pléonasme leitmotiv des séries américaines aux épisodes calibrés pour les tricoteuses de chaussettes (m'en suis aperçue tout récemment, n'en reviens toujours pas) : un épisode, un talon.
(modèle : Staccato Socks de Veronik Avery dans Knitting Socks with Handpainted Yarn, en Suri Blue de Fleece Artists coloris Merlin, N°2.5. Finies, portées, miam.)
Je tricote : après la première virgule et en répétition d'un premier je tricote, conduit presque toujours à quelque chose de fatal. Ex : je tricote, oui, mais je ne suis jamais contente. Peut aller jusqu'à l'auto-flagellation avec les restes détricotés de nombreux projets qui ne valent même pas la peine d'être cités.
(modèle : Child's geek spiral pullover, de T. Durham dans Loop d Loop, Noro Kureyon, 2 ou 3 coloris au moins, N°5. Beurk, jamais remembré.)
Normalement, je devrais vous faire la suite en un long exposé oui-non-m... qui explique le pourquoi du comment, son contraire et tout ce qui me vient par la tête pour faire du texte. Flemme oblige et Bac passé depuis moultes années, j'ai oublié comment on fait. En revanche, je suis toujours fortiche pour les intros. L'ai toujours été : les prémices d'un grand projet, l'ouverture au monde des idées, la tartine à peine beurrée où l'on imagine déjà la confiture...
C'est un peu comme le tricot : commencer trois rangs de ceci, un motif de cela, deux couleurs à peine posées et voici que déjà ce n'est plus déjà ça, ça n'avance pas comme il faudrait, c'est déjà dépassé, ça ne vient pas.
C'est qu'à force de lectures, expérimentations, techniques nouvelles et fils plus mieux beaux (ça revient !) les uns que les autres, j'en oublie souvent l'essentiel : le résultat. Voilà. Autant dire que le ratio détricotage / projet fini explose malgré ma bonne volonté à commencer.
Alors, cette année, je me mets au tricot. D'abord je vide quelques étagères de leurs sacro-saintes pelotes, je ne vénérerai plus le dieu couleur qu'en pulls et chaussettes (ce n'est pas une raison pour ne rien acheter de nouveau, on n'en est pas moins femme...). Car voyez-vous, l'un des problèmes d'une filomaniaque, c'est de ne jamais avoir le bon fil pour le bon projet.
Ensuite, je pense un peu à mes enfants (Qui ? Où ? Quand ???). Depuis que j'en envoie deux à la cantine et une à la garderie, c'est comme si mes aiguilles avaient oublié qu'on peut tricoter à moins de 200 mailles le rang. Si c'est pas honteux... Tout de même, je les ai bien voulus non, ces gosses ? Tiens, je vais te leur faire un pull chacun en 2009 et comme ça ils n'ont pas intérêt à me réclamer une DS pour leur anniversaire.
Enfin, je vais réfléchir. Pas la peine de rigoler au fonds ! Je vais penser avant de commencer le premier rang. Mais dès le second, je m'autorise à regarder Les-experts-FBI en boucle, histoire de laisser reposer le fourbu neurone.
Ça va déjà mieux.
(Si vous voulez en voir plus mieux des projets, l'année 2008 se disperse dans les albums photos...).
dimanche 2 mars 2008
Un papillon sur un éléphant
Swallowtail m'a fait de l'oeil sur une bonne partie des blogs que j'apprécie, on peut en voir ici, là ou bien encore de ce côté, etc. Alors, à cours d'idée en faisant mes valises, j'ai attrapé au vol un écheveau de mohair à tester, l'IK Fall 2006 et à l'arrivée la page s'est ouverte toute seule !
Trop beau pour être vrai hein ? La vérité, c'est que je verdissais toute seule dans mon coin de ne pas avoir MON Swallowtail, et renâclais à utiliser ce petit jaune en plein hiver. Bon gré mal gré, je l'ai peloté en ne pensant à rien - jusque là, rien d'inhabituel. Comme en ce jour le soleil arrosait la Floride et ma pelote, j'ai trouvé un petit air plutôt pamplemousse à ce coloris Mango.Du pamplemousse à la Floride, de la Floride à l'IK, n'y avait qu'un tout petit pas (les quelques milliers de kilomètres traversés par mon magazine acheté d'occasion-neuf sur Ebay au pays des agrumes et des moustiques).
Curieux comme fonctionne le cerveau non ? L'association d'idées dans ma mémoire autrefois éléphantesque est la seule arme qu'il me reste pour ne pas oublier à quel point je deviens distraite. Mais de temps en temps, l'idée suit son chemin et n'est pas si mauvaise.
Modèle : Swallowtail Shawl, Evelyn Clark (Interweave Knits - Fall 2006)
Fil : Kaalund Expressions, coloris Mango
[trichouillage de mon crû sur les nopes, avec un p4 au lieu d'un p5 en supprimant l'une des mailles pour donner du mou aux autres ; les nopes sont moins serrées mais toujours présentes.]
Je suis enchantée du coloris très flatteur et rafraîchissant, un peu moins du manque de souplesse de ce mohair. Il est pourtant reconnu que les chèvres ne sont pas les plus souples de tous les animaux, j'aurais du me méfier. Je vais le domestiquer à l'usage, le rendre doux comme une agnelle. Foi de louve.






